Une étincelle de vie • Jodi Picoult

Jodi Picoult est pour moi une véritable valeur sure littéraire, et c’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis lancée dans « Une étincelle de vie », après mes coups de coeur pour Pardonne-lui et Mille petits riens, et après avoir adoré A l’intérieur.

Résumé …

Alors qu’il célèbre son quarantième anniversaire au poste de police, Hugh McElroy, un négociateur de crise, est appelé sur le site d’une prise d’otages. Une heure plus tôt, un homme armé a fait irruption dans une clinique et a ouvert le feu, faisant plusieurs victimes. Il devient vite évident que le forcené a délibérément ciblé le dernier établissement de santé du Mississippi à pratiquer l’avortement. La situation s’avère délicate ; elle devient cauchemardesque quand Hugh apprend que sa ?lle unique âgée de quinze ans se trouve à l’intérieur du bâtiment. Mais que fait-elle là ? Dans le Nord de l’État, une adolescente se réveille dans un lit d’hôpital. Un policier en faction garde l’entrée de sa chambre et une avocate se tient à son chevet. Beth a dix-sept ans et ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Ayant dépassé le délai légal, elle a avorté par ses propres moyens en commandant des médicaments sur Internet. Hospitalisée à la suite d’une hémorragie, elle apprend quelques heures plus tard sa mise en examen. Pourrait-elle être condamnée pour meurtre ?

Mon avis …

La construction du livre est à la fois très innovante mais aussi perturbante, et dans une période où je ne pouvais pas être concentrée à 100% sur ma lecture, cela m’a posé de véritables problèmes. Les personnages sont très nombreux, ce qui les rend difficilement identifiables, et l’histoire nous est racontée en commençant par la fin. C’est donc heure après heure que nous remontons l’histoire, et j’ai eu du mal à saisir tous les aspects du roman. Je crois qu’il m’a été vraiment difficile de réussir à m’intéresser à une histoire en connaissant déjà la fin, car cela enlève vraiment beaucoup d’intérêt à la lecture.

« Élever un enfant, c’est comme se réveiller un matin avec une bulle de savon lovée dans le creux de sa main et recevoir l’ordre de la garder intacte alors qu’on saute en parachute d’une falaise vertigineuse, qu’on escalade une chaine de montagnes, qu’on part se battre au front. Le réflexe, c’est de vouloir la mettre à l’abri, la protéger des catastrophes naturelles et de la violence et des préjugés et des moqueries, mais ça, ce n’est pas possible. Alors on vit dans la peur quotidienne de la voir éclater ou de la percer soi-même. Parce qu’on sait d’instinct que si elle se volatilise, on disparaitra aussi. »

Il y a pourtant un véritable intérêt au sujet et à l’angle choisi pour l’aborder, à savoir lors d’une prise d’otage par un manifestant contre le droit à l’avortement, dans un centre de planning familial. Les personnages étant bloqués ensemble, les débats sont donc inévitables, et c’est là pour l’autrice un moyen de donner la parole aux deux camps, ceux qui défendent le droit à l’avortement, et ceux qui le condamnent. Entre convictions personnelles et croyances religieuses, ce roman rassemble tous les points de vue concernant ce sujet en restant au plus proche de l’actualité. C’est d’ailleurs son réalisme qui le rend aussi pertinent, car on y voit forcément un reflet de la société américaine.

Ce roman traite avec une grande justesse de la place des femmes aujourd’hui et de l’Histoire de l’IVG. On y apprend également beaucoup d’informations et de détails sur les procédures d’avortement, qu’elles soient médicamenteuses ou chirurgicales. Finalement, ce droit qui cristallise tant les tensions est sans doute représentatif de cette lutte perpétuelle des femmes pour avoir des droits. Leur corps a de tous temps menacé les hommes dans leur virilité. On prend également conscience du courage et de l’engagement des personnels de santé qui exercent dans ces centres et cliniques alors que les manifestations font rage quotidiennement et que leurs vies sont menacées.

« N’est-ce pas un monde de dingues, ce monde où le délai d’attente pour se faire avorter est plus long que le délai d’obtention d’une arme ? »

J’apprécie vraiment cette volonté de Jodi Picoult de mettre en scène dans ses romans des thématiques engagées, pour éclairer et ressentir de l’empathie pour tous les personnages, y compris ceux qui n’ont a priori pas nos opinions. Pour ce roman, j’étais dès le départ conquise car le sujet de l’avortement est une conviction profonde chez moi, malheureusement je crois que la construction du livre m’a beaucoup gênée. Sans cela, j’aurais sans aucun doute eu un vrai coup de coeur pour cette lecture. L’histoire comporte également à mon sens quelques longueurs et des impressions de répétition, sans doute dues au fait que l’on remonte les faits en sens inverse.

« Voilà ce que ça veut dire d’être humain. Nous ne sommes tous que des toiles pour nos cicatrices. »

Si on écarte cet aspect de la construction du roman, l’histoire est quant à elle vraiment importante, et en arrivant à la fin, on réalise qu’on a été promenés en beauté par l’autrice. Cela donnerait presque envie de le relire afin de mieux en saisir tous les aspects. Jodi Picoult est décidemment très forte, et ses notes de fin m’ont absolument bouleversée. Elle se positionne en tant que porte parole des femmes, et donne à son roman une ampleur encore plus grande. J’aime profondément cette autrice, sa vision de son métier d’autrice et la force et les combats qu’elle mène à travers ses livres. Celui-ci n’a pas fait exception.

Pour résumer …

La construction du roman qui commence par la fin m’a perturbée tout au long de ma lecture, mais ce texte est un véritable outil de défense des droits des femmes, et notamment de l’avortement. Jodi Picoult est pleine de surprise et elle me bouleverse à tous les coups.

Ma note : ★★★★★☆
(16/20)

2 réflexions sur “Une étincelle de vie • Jodi Picoult

  1. Coucou ça va ?
    Il y a beaucoup de livre que tu lis qui me tente bien. Depuis que j’ai redécouvert l’amour de la lecture, j’ai tant de bon livre à découvrir et d’auteur à découvrir. J’espère pouvoir le découvrir car ce sujet me touche particulièrement.

  2. J’aime également beaucoup Jodi Picoult et j’ai eu un énorme coup de coeur pour « Mille petits rien ». Ce livre me tente bien pour le thème abordé mais c’est vraiment dommage pour la construction narrative. Je me laisserait malgré tout tentée par la découverte je pense…

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