Les filles au lion • Jessie Burton

Parmi ma résolution de lire des auteurs que je souhaite découvrir depuis longtemps, il y a Jessie Burton. Ses romans me faisaient très envie, mais je ne prenais jamais le temps de la lire. J’ai choisi d’ouvrir Les filles au lion cette année, qui est son deuxième roman.

Résumé …

En 1967, cela fait déjà quelques années qu’Odelle, originaire des Caraïbes, vit à Londres. Elle travaille dans un magasin de chaussures mais elle s’y ennuie, et rêve de devenir écrivain. Et voilà que sa candidature à un poste de dactylo dans une galerie d’art est acceptée ; un emploi qui pourrait bien changer sa vie. Dès lors, elle se met au service de Marjorie Quick, un personnage haut en couleur qui la pousse à écrire. Elle rencontre aussi Lawrie Scott, un jeune homme charmant qui possède un magnifique tableau représentant deux jeunes femmes et un lion. De ce tableau il ne sait rien, si ce n’est qu’il appartenait à sa mère. Marjorie Quick, à qui il soumet la mystérieuse toile, a l’air d’en savoir plus qu’elle ne veut bien le dire, ce qui pique la curiosité d’Odelle. La jeune femme décide de déchiffrer l’énigme des Filles au lion. Sa quête va révéler une histoire d’amour et d’ambition enfouie au cœur de l’Andalousie des années trente, alors que la guerre d’Espagne s’apprête à faire rage.

Mon avis …

Cette lecture que je soupçonnais être exigeante s’est révélée l’être véritablement. C’est un roman qui m’a emportée, mais qui nécessitait que je lui sois pleinement consacrée. C’est un livre qu’il faudrait presque lire une traite tant, à chaque pause, il est difficile de s’y replonger. Jessie Burton a construit son intrigue avec une alternance d’époques, comme cela se fait si souvent en ce moment, mais son histoire avait véritablement un goût particulier. C’est la thématique de l’art qui est au cœur de ce roman avec un tableau retrouvé des années après sa création. L’histoire de cette oeuvre est plus complexe qu’elle en a l’air, et c’est en nous transportant dans les années 30 que nous allons découvrir sa genèse et son artiste.

J’ai énormément aimé cette histoire et sa grande originalité. Avec ses mots, Jessie Burton donne vie à ces tableaux et on les voit se dessiner sous nos yeux avec précision. J’ai quand même rencontré quelques difficultés au cours de ma lecture à parfois en suivre le fil, et surtout j’ai eu l’impression que certains passages étaient trop peu développés. La recherche d’Odelle notamment, et la facilité avec laquelle elle met le doigt sur la réalité, m’est apparue comme peu crédible. Il y a une grande richesse dans ce texte, et l’autrice s’est à mon sens parfois un peu perdue entre tout ce qu’elle souhaite aborder, ce qui nous laisse une impression de trop peu. Certains personnages sont même un peu trop invisibles, alors qu’on aimerait en apprendre davantage à leur sujet. Le roman est magnifiquement écrit mais nous perd parfois en manquant un peu d’action, ce que j’ai regretté également. C’est un livre assez long et lent, et pourtant, à la fin, j’avais l’impression de n’avoir eu que peu de détails de cette histoire. Et au regard de son potentiel émotionnel, j’y suis restée un peu éloignée aussi. Ce sont les raisons qui font que ce roman n’est pas un coup de coeur.

Malgré tout, j’ai aimé aussi son côté brumeux, presque cinématographique, et ce rythme lent donne une dimension très particulière à l’histoire. Il y a une véritable réflexion sur l’art, sur la création et ce que l’on sait, ou non, d’un tableau. Ce que l’artiste veut bien nous montrer, et ce qu’il gardera secret, à jamais. Ce roman dévoile ses facettes au fur et à mesure, jusqu’à ce que tout s’emboite, et c’est évidemment une lecture qui ne peut que marquer véritablement, de par sa complexité et ses personnages très forts, bien que très lointains. Je suis très heureuse d’avoir découvert Jessie Burton. Ce ne fut pas une lecture facile, loin de là, mais je n’en attendais pas autre chose, finalement. Son roman doit être digéré, c’est certain, pour en apprécier toutes les couleurs, et je la relirai sans aucun doute.

Pour résumer …

Avec ses briques qui s’emboitent au fil de l’histoire, ce roman est d’une complexité folle et d’une grande richesse, notamment vis à vis de son rapport à l’art et à la création. Une lecture exigeante, parfois un peu trop lente et brumeuse, mais sans aucun doute marquante.

Ma note : ★★★★★☆
(16/20)

2 réflexions sur “Les filles au lion • Jessie Burton

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