Bercer les étoiles • Anna Roy

Quand on pense à une sage-femme, on pense facilement à Anna Roy, figure emblématique et médiatique de cette profession à la télévision et sur les réseaux sociaux. J’ai toujours beaucoup aimé ses interventions et j’ai déjà lu plusieurs de ses livres que j’ai toujours trouvés passionnants. Celui-ci m’intéressait beaucoup en raison de sa thématique, taboue mais tellement importante.

Résumé ..

«Ces enfants aux vies minuscules laissent une empreinte immense, qui transforme à jamais ceux qui ont eu le privilège de les connaître. Leurs existences brèves nous habitent, leurs absences nous façonnent. Et il est temps de dire combien, dans leur fragilité, leurs vies sont grandes, et à quel point, ils nous manquent.» Être sage-femme, c’est accompagner les naissances, être au cœur de la vie qui vient. Mais c’est aussi parfois accueillir la mort à l’aube de la vie. À travers dix récits tendres et bouleversants, Anna Roy brise le silence autour du deuil périnatal et rend hommage à ces bébés partis trop tôt, ainsi qu’à celles et ceux qui les ont aimés.

Mon avis ..

J’ai lu ce livre et je l’ai aussi écouté. Il est lu par l’autrice elle-même, et c’est ce qui était assez extraordinaire. J’aurais pu l’écouter lire pendant des heures tellement sa narration était immersive et tant son émotion était palpable. Sa gorge qui se serre, les larmes dans ses yeux, son amour pour ses patientes et sa passion pour son métier, tout transparaissait à l’écoute de ce livre. J’ai aimé ses mots, leur justesse, leur puissance. Ses remises en question, nombreuses, qui font qu’on réussit parfois à reconnaître qu’on a mal agi, ou en l’occurence, mal soigné ou mal accompagné. Ce livre est très fort, et je m’en souviendrai toute ma vie.

« Mourir au lieu de naître, je savais que c’était possible. J’imaginais la violence, le fracas, les corps abîmés, la fureur, le sang, le monde qui s’arrête de tourner. Je découvre le silence. La trotteuse de l’horloge qui continue sa route. J’apprends que la mort peut avoir le visage d’un beau bébé qui dort, la douceur d’une aurore. C’est insoutenable. »

Pour traiter de ce sujet du deuil périnatal, Anna Roy a choisi de raconter l’histoire de plusieurs bébés qui ont croisé sa route. Des petits êtres qui n’ont pas eu la chance de vivre. Et qui ont laissé tant les soignants que leurs parents dans une détresse et une impuissance terribles. Chaque chapitre est consacré à l’un d’entre eux, portant leur prénom pour leur donner encore plus de présence, encore plus de vie. Parce qu’ils ont compté, même s’ils ne sont plus là aujourd’hui.

« Un jour, la joie revient. Elle revient presque toujours ».

Les larmes ont beaucoup coulé à la lecture de ce texte, parce que je crois que nous devrions cesser de faire du deuil périnatal un tabou. Il est vrai que la perte d’un bébé est insupportable, que chacun est souvent maladroit avec l’évènement, ne sachant quoi dire ou quoi faire face à la tristesse des parents. Pourtant, le soutien est la clé pour que ces derniers puissent poursuivre leur vie sans plonger dans un abîme de douleur et de solitude. Ce livre était sublime, dans chacun de ses aspects et je vous le recommande évidemment absolument.

Ma note : ★★★★★★
(20/20)

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