La plus précieuse des marchandises • Jean-Claude Grumberg

Dès sa sortie, j’ai entendu parler de ce livre. C’est seulement 5 années plus tard que je l’ai lu. Écouté, plus précisément, dans une merveilleuse lecture de Pierre Arditi.

Résumé …

Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron. Non non non non, rassurez-vous, ce n’est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons… Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s’abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale. La guerre mondiale, oui oui oui oui oui. J.-Cl. G

Mon avis …

J’ai beau avoir tout entendu à son sujet, et surtout tous les éloges dont il a bénéficié, je n’ai pu que me faire cueillir par ce texte. J’avais volontairement évité d’en savoir trop quant à son sujet, et j’ai bien fait. Il n’est composé que d’une petite centaine de pages, il méritait donc que je leur consacre la plus grande attention, et surtout que j’en savoure chaque page. Je lis peu de contes, et ce texte en est un dans sa forme, dans son ton, dans son fil. Un conte cruel, un conte humain, un conte inhumain. Dans le froid de la seconde guerre mondiale, c’est une histoire d’amour, de famille, d’enfance que nous conte Jean-Claude Grumberg.

Avec beaucoup de pudeur, peu de détails, mais des mots qui comptent, il donne vie à des personnages inoubliables. Il les décrit dans leur humanité profonde, il n’évince rien, ni la honte, ni la haine, ni les cris du coeur qui veulent aimer, qui veulent survivre. Alors il est forcément un peu frustrant que tout s’achève si vite, que tout s’enchaine avec tant de rapidité. Parce que cette histoire est si puissante qu’elle aurait pu être bien plus longue, pour qu’on en saisisse tous les recoins. Mais il y a quelque chose de très rare aussi quand un texte, en quelques pages seulement, réussit à nous toucher au coeur avec une telle force.

En le lisant, je n’ai pu m’empêcher de me dire qu’il avait des airs de classiques. De ceux qu’on étudie à l’école. Et au regard des éditions publiées, il semblerait que ce soit déjà le cas. J’imagine qu’il sera lu encore longtemps, qu’il traversera le temps, parce qu’il est magnifiquement écrit, d’une grande poésie mais aussi et surtout d’une beauté inoubliable.

Ma note : ★★★★★★
(20/20)

3 réflexions sur “La plus précieuse des marchandises • Jean-Claude Grumberg

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