Qui n’a pas entendu parler de Betty ? Véritable phénomène littéraire, je ne pouvais qu’avoir envie de le découvrir, d’autant plus que la littérature américaine est ma préférée entre toutes. J’ai choisi de laisser passer 5 ans avant de m’y plonger, et j’ai alterné la lecture papier et la lecture audio pendant plusieurs semaines.
Résumé …
“Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne.” La Petite Indienne, c’est Betty. Née en 1954 dans une baignoire, Betty Carpenter est la sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la bonne société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et soeurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie alors sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler au grand jour. Betty raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence. À travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle.
Mon avis …
On m’avait prévenu sur le fait que ce texte était fort, intense, difficile, et ce fut le cas. D’abord immersif voire descriptif, j’ai finalement découvert une histoire tragique, dans laquelle l’autrice malmène ses personnages. Progressivement, la vie de Betty se dessine, sa famille nous est présentée, et c’est surtout son enfance qui va nous être racontée. Elle grandit entourée de nombreux frères et soeurs, élevée par une mère très complexe, bien souvent dérangeante et violente, et par un père dont la sagesse est bouleversante.
Betty grandit, et dans le même temps, ouvre les yeux sur le monde qui l’entoure, commence à en percevoir les réalités, et à comprendre la dureté que peut avoir l’existence et la violence des hommes. Grandir en étant une fille, c’est aussi être confrontée à une condition de laquelle il est difficile de sortir, et c’est avec ses soeurs qu’elle va se construire année après année.
Le plus terrible à mon sens, c’est l’acharnement que l’autrice met sur ses personnages. Ils traversent, les uns après les autres, des évènements très difficiles, et on a la sensation d’avoir été noyé, et que quelqu’un appuie sur notre tête pour nous empêcher de respirer. On ne lit pas Betty sans effort, car c’est à la fois assez exigeant en terme de texte et très inconfortable s’agissant de la vie des personnages. On pourrait croire que sa popularité en fait un roman facile, mais c’est réellement loin d’être le cas.
Comment un texte peut-il être aussi profondément humain, sensible et beau, et en même temps être d’une atrocité et d’une tristesse aussi forte ? C’est un peu le mystère que renferme Betty. C’est un bijou de littérature, et je suis certaine que Tiffany McDaniel saura me toucher à nouveau dans tous ses autres textes.
Ma note : ★★★★★★
(20/20)
