Parutions • Rentrée Littéraire – Août 2025

20 août 2025 : Entre toutes, de Franck Bouysse (Albin Michel)

Marie est née en 1912 dans une ferme de Corrèze. Elle n’en partira jamais. Franck Bouysse, une fois n’est pas coutume, livre avec une pudeur saisissante l’histoire de sa famille et prouve ici qu’il est aussi talentueux dans le récit de l’intime que dans la fresque romanesque. C’est beau et déchirant, c’est plein d’allégresse et de tragique : c’est la vie comme elle va.

20 août 2025 : Les éléments, de John Boyne (JC Lattès)

D’une mère en fuite sur une île à un jeune prodige des terrains de football en passant par une chirurgienne des grands brûlés hantée par des traumatismes, et enfin, un père qui monte dans un avion pour un voyage initiatique avec son fils, John Boyne crée un kaléidoscope de quatre récits entrelacés pour former une fresque magistrale. Grâce à une prose envoûtante, John Boyne sonde les éléments et les êtres avec une empathie extraordinaire et une honnêteté implacable, nous mettant sans cesse au défi de confronter nos propres définitions de la culpabilité et de l’innocence.

20 août 2025 : Les fleuves du ciel, de Elif Shafak (Flammarion)

Londres, 1840. Arthur, un garçon à la mémoire prodigieuse né sur les rives de la Tamise, est engagé comme apprenti dans une imprimerie. Bientôt, son monde s’ouvre bien au-delà des taudis de la capitale anglaise, vers un autre fleuve, le Tigre, et une ancienne cité de Mésopotamie qui abrite les fragments d’un poème oublié. Turquie, 2014. Chassées de leur village au bord du Tigre, Naryn, une petite fille yézidie, et sa grand-mère entreprennent un long voyage, traversant des terres en guerre dans l’espoir d’atteindre la vallée sacrée de leur peuple, en Irak, pour que Naryn y soit baptisée. Londres, 2018. Zaleekhah, hydrologue fascinée par la mémoire de l’eau, emménage dans une péniche pour échapper à la faillite de son mariage. C’est alors qu’un curieux livre qui la ramène à ses origines vient chambouler son existence. Avec ce roman éblouissant, une traversée des siècles et des cultures suivant trois destinées entrelacées par le cours imprévisible de l’eau, Elif Shafak s’impose comme l’une des plus grandes conteuses de notre époque.

20 août 2025 : Nous n’avons rien à envier au reste du monde, de Nicolas Gaudemet (Observatoire)

En Corée du Nord, deux adolescents découvrent l’amour après un regard échangé lors d’une exécution publique. Yoon Gi est d’une classe inférieure tandis que les parents de Mi Ran, membres de l’élite du Parti, l’ont déjà promise à un étudiant de la capitale. Dans une dictature où le moindre écart peut conduire en colonie de rééducation, leur passion clandestine devient une résistance silencieuse.

20 août 2025 : Les certitudes, de Marie Semelin (JC Lattès)

« Le 9 octobre 2023 à douze heures une, comme tous les lundis, une foule d’étudiants entre dans la bibliothèque du Centre Pompidou. Ce jour-là une petite femme au chignon blanc trotte parmi eux. Elle demande un renseignement et accède au premier étage. Durant une semaine, elle lit la presse. Elle étale les titres sur une large table noire, à proximité des box de métal où se trouvent les journaux. Puis elle sollicite un documentaliste. Le jeune homme, serviable et patient, l’aide à effectuer ses recherches sur ordinateur. D’abord en lettres latines et ensuite, grâce à des claviers en ligne, en hébreu et en arabe.Il l’ignore, mais il est désormais le seul à savoir qu’elle parle ces deux langues. » De 1955 à aujourd’hui, entre Jérusalem et Ramallah, Marie Semelin signe un roman bouleversant d’humanité où chacun des personnages affronte ses contradictions jusqu’à ce que ses certitudes vacillent.

20 août 2025 : Finistère, de Anne Berest (Albin Michel)

Anne Berest poursuit sa grande exploration des « transmissions invisibles » et ses interrogations autour de la trans-généalogie. De quoi hérite-t-on ? « À chaque vacances, nous quittions notre banlieue pour la Bretagne, le pays de mon père, celui où il était né, ainsi que son père – et le père de son père, avant lui. Le voyage débutait gare Montparnasse, sous les fresques murales de Vasarely, leurs formes hexagonales répétitives, leurs motifs cinétiques, dont les couleurs saturées s’assombrissaient au fil du temps, et dont l’instabilité visuelle voulue par l’artiste, se transformait, année après année, en incertitude. » Après La Carte Postale et Gabriële, Anne Berest déploie un nouveau chapitre de son oeuvre romanesque consacrée à l’exploration de son arbre généalogique : la branche bretonne, finistérienne, remontant à son arrière-grand-père. Ici, la petite et la grande Histoire ne cessent de s’entremêler, depuis la création des premières coopératives paysannes jusqu’à mai 68, en passant par l’Occupation allemande dans un village du Léon et la destruction de la ville de Brest.

21 août 2025 : La bonne mère, de Mathilda Di Matteo (Iconoclaste)

Pour la première fois depuis qu’elle a quitté Marseille pour faire ses études à Paris, Clara retourne voir ses parents. Elle est accompagnée de Raphaël, d’origine bourgeoise, auquel elle cache son accent, ses émotions et le milieu dont elle provient. Dès le premier regard, la mère de Clara ne l’aime pas. Elle voit en lui la preuve qu’elle n’aurait jamais dû laisser partir sa fille.

21 août 2025 : Nous serons tempête, de Jesmyn Ward (Belfond)

La toute première arme que j’ai tenue a été la main de ma mère. Annis est encore une enfant quand sa mère est vendue à un autre propriétaire. Et n’est guère plus âgée quand son maître, qui est aussi l’homme qui a violé sa mère, se débarrasse d’elle avec d’autres esclaves. Lors de leur terrible marche vers les plantations de La Nouvelle-Orléans, Annis tente de se raccrocher à la vie et aux enseignements de sa mère : se battre, toujours, avec les armes et les sagesses qu’elle lui a transmises. Avec la mémoire aussi, celle de ces femmes qui, avant d’être arrachées à leur terre, ont été les guerrières des rois du Dahomey. Et avec la seule force qui lui reste, sa connaissance des plantes, des abeilles, de cette nature qui semble si hostile aux yeux des Blancs et qui pourtant est nourricière pour qui l’honore. Et puis, quand Annis se sent sombrer, elle peut encore implorer Aza, l’esprit de sa grand-mère, capable de faire gronder l’orage et tomber la pluie. Celle qui, quand la faim et la douleur se font trop fortes, lui murmure qu’un jour, elle et ses frères et sœurs de malheur seront tempête…

21 août 2025 : La nuit au coeur, de Nathacha Appanah (Gallimard)

« De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces cœurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu’ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l’impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d’une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du cœur, du corps, de l’esprit. De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d’avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd’hui. Cette femme, c’est moi. » La nuit au cœur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l’énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l’amour.

21 août 2025 : L’homme sous l’orage, de Gaëlle Nohant (Iconoclaste)

Janvier 1917. La guerre s’enlise tandis que l’arrière s’épuise. À 19 ans, Rosalie sort de pension. La guerre l’a forcée à quitter Paris pour le château familial. Elle étouffe dans cette vie confinée auprès d’une mère rigide, Isaure, qui a pris la tête du domaine viticole depuis le départ au front de son mari et de son fils. Une nuit d’orage, un homme sonne à la porte, il demande asile avant de tenter le passage vers l’Espagne toute proche. Autrefois, ce jeune peintre talentueux était reçu au château, mais désormais c’est un déserteur que la maîtresse de maison met sèchement à la porte. Quelques heures plus tard, sa fille le cache au grenier, saisie de compassion devant ce fugitif aux abois. C’est le début d’un huis clos prenant où alternent les points de vue des protagonistes tiraillés par leurs dilemmes, leurs désirs, leur urgence. Peut-on agir sur le destin ? Chacun à leur manière, les personnages de cette histoire refusent les injonctions qui pèsent sur eux. Envers et contre tout, ils s’éveillent à leurs sentiments, s’émancipent et se confrontent, tissant un roman d’amour et de liberté. Pour eux comme pour nous, l’orage se lève, il faut tenter de vivre.

27 août 2025 : Ainsi vient la nuit, de Allison Saft (BigBang)

Il a vu de la noirceur dans sa magie. Elle a vu de la magie dans sa noirceur. Parce qu’elle utilise ses pouvoirs de manière inconsidérée, Wren a tout perdu : elle a été renvoyée de la Garde de la reine et séparée de sa meilleure amie. Alors quand arrive la lettre d’un aristocrate reclus lui demandant de venir à Colwick Hall soigner son serviteur victime d’une mystérieuse maladie, Wren saisit cette chance. Mais elle déchante en découvrant un manoir en ruines et la véritable identité de son patient : il s’agit de l’ennemi juré de son pays, Hal Cavendish, venu à Colwick Hall en quête de rédemption lui aussi. Alors que des forces funestes sont à l’oeuvre, Wren et Hal comprennent qu’ils doivent unir leurs forces s’ils veulent espérer sauver leurs royaumes. Les voilà livrés à eux-mêmes face aux dangereux secrets du manoir, et à un surprenant désir qui pourrait bien causer leur perte. L’amour fait de nous tous des monstres.

Quels titres vous intriguent le plus ?

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